Les têtes pour clevercircles

« Everything Bubble » : qu’entend-on par là et comment pouvez-vous y faire face ?

La bulle des prix est-elle globale ? Tous les marchés sont-ils touchés ? Qu’est-ce que cela signifie ? Nous avons interrogé deux investisseurs professionnels participant à clevercircles, que vous pouvez inviter dans votre propre Circle.

En tant que responsable-adjoint des placements de la Banque CIC, Luca Carrozzo exerce une influence déterminante sur la politique de placement de la banque. Christian Freihofer, gérant de fortune indépendant, s’est quant à lui fait un nom avec ses évaluations extrêmement pertinentes des marchés.

Sur les marchés financiers, les nuages s’accumulent : la pandémie s’éternise, la croissance économique s’essouffle, le surendettement se mondialise et les banques centrales se désengagent maladroitement de la politique de crise. Dans le même temps, les actions battent des records historiques, l’immobilier atteint des pics sans précédent et les obligations ne dédommagent plus des risques encourus.

Nous avons discuté avec Luca Carrozzo et Christian Freihofer de la bulle financière actuelle et de la menace d’inflation.

Actuellement, on parle beaucoup de « Everything Bubble ». Mais de quoi s’agit-il au juste ? « On parle de bulle lorsque le prix d’un actif se détache fortement des données fondamentales sous-jacentes. Comme toutes les classes d’actifs connaissent aujourd’hui, à quelques exceptions près, une forte valorisation et que leurs prix ne se justifient plus par les fondamentaux, on emploie souvent le terme de « Everything Bubble », déclare Christian Freihofer. Ce développement a notamment été favorisé par l’injection massive de liquidité sur le marché par les banques centrales, explique Luca Carrozzo. « La pandémie de coronavirus et les mesures prises par les banques centrales ont encore accéléré l’extension de la masse monétaire. »

 

Rendite

« Les bases de l’assouplissement de la politique monétaire, et donc de la bulle financière actuelle, ont été jetées il y a exactement cinquante ans. »

 

Des bulles se forment lorsque les prix enregistrent une hausse rapide, attirant ainsi des acheteurs souhaitant réaliser rapidement des gains importants sans faire preuve de minutie et sans s’intéresser aux perspectives à long terme de leurs achats. La pertinence des évaluations standard est alors déniée. L’argent bon marché contribue généralement lui aussi à la formation d’une bulle. Mais cette bulle éclatera-t-elle à un moment ou à un autre ?

« Aussi bien la Banque centrale européenne que la Réserve fédérale américaine, la Fed, comptabilisent actuellement des placements pour un montant de plus de 8000 milliards. Si l’on prend la performance économique annuelle en tant que valeur de comparaison, l’écart est encore grand autant dans le cas de la zone euro, avec un produit intérieur brut de 14 000 milliards, que dans celui des États-Unis, avec 22 000 milliards. Une bulle ne doit pas forcément éclater. À mon avis, elle pourra éclater et éclatera uniquement dans le cas d’une perte de confiance dans les banques centrales, ce qui n’est pas le cas actuellement, commente Luca Carrozzo. Les bases de l’assouplissement de la politique monétaire, et donc de la bulle financière actuelle, ont été jetées il y a exactement cinquante ans, en 1971. Sous le président Nixon, les États-Unis ont en effet abandonné l’échange à parité fixe du dollar contre l’or, ce qui a sonné le glas de la convertibilité-or dans le monde entier. Cela a permis à la politique monétaire de se défaire de ses chaînes. Depuis la crise financière de 2008, les banques centrales exploitent au maximum la liberté ainsi acquise. Afin d’éviter les manques de liquidités, elles ont abaissé les taux d’intérêt et ont commencé à imprimer de l’argent. »

Le responsable-adjoint des placements de la Banque CIC a des recommandations si la bulle devait éclater : « Je fais entièrement confiance aux actions d’entreprises solides à bonne capitalisation. Par le passé, ce type d’investissement a prouvé qu’il peut également surmonter les phases difficiles. En conséquence, le Swiss Performance Index constitue un excellent investissement en cas de crise. Mais des valeurs réelles telles que l’or par exemple sont considérées comme des valeurs refuges en cas de forte correction des marchés. En général, l’or est recherché dès que la fortune doit être protégée. Cela est également dû au fait que l’or est une valeur physique qui peut s’acheter et se vendre dans le monde entier. Un exemple : en 2008, lorsque le marché a atteint le creux de la vague, le S&P 500 a chuté de quelque 30 % tandis que l’or a grimpé presque d’autant. »

Rendite

« Les actions d’entreprises solides à bonne capitalisation peuvent également surmonter les phases difficiles. En conséquence, le Swiss Performance Index constitue un excellent investissement en cas de crise. »

 

Christian Freihofer poursuit : « Nous pensons que l’inflation va rester à peu près à son niveau actuel jusqu’au second semestre 2022. Il nous est par conséquent difficile de prédire comment elle évoluera ensuite, car cela dépendra en grande partie des développements futurs sur le plan fiscal et monétaire. Étant donné que le monde semble plongé dans un océan de dettes, et pas seulement depuis le début de la pandémie, les décideurs vont faire tout ce qui est en leur pouvoir pour réduire ces dettes par le biais de l’inflation. Cette démarche n’est pas idéale, mais elle est certainement moins douloureuse que les autres. Les investisseurs devraient donc opter, à côté des actions, pour des classes d’actifs promettant de préserver leur pouvoir d’achat. À cet égard, on peut penser tout d’abord à l’or, par exemple. »

Luca Carrozzo est convaincu que les prix à la consommation se normaliseront au cours des prochains mois. D’une part, la forte hausse des prix à la consommation est due à des effets de base, car il y a un an, nous nous trouvions en pleine pandémie, ce qui fausse les comparaisons annuelles. D’autre part, nous ne constatons pas en Suisse de forte hausse des prix à la consommation.

Rendite

« Les poussées inflationnistes actuelles sont dues à des pénuries dans les chaînes logistiques liées à la pandémie de Covid-19. La majorité des experts les considère comme des phénomènes temporaires et non comme un problème à long terme.»

 

Il ne pense pas que l’inflation actuelle constitue un gros problème. « La liquidité des banques centrales ne parvient qu’en partie dans l’économie réelle. Les poussées inflationnistes actuelles sont dues à des pénuries dans les chaînes logistiques liées à la pandémie de Covid-19. La majorité des experts les considère comme des phénomènes temporaires et non comme un problème à long terme.»

Sur les marchés des actions, les placements à long terme largement diversifiés deviennent désormais intéressants, explique Luca Carrozzo : « Actuellement, il convient de privilégier le marché suisse autour du SMI ainsi que le marché américain, qui s’est toujours bien remis des crises par le passé. Pour les investisseurs plus prudents, nous conseillons une allocation de jusque 10 % en or, qui représente une protection optimale contre l’inflation et les crises. »

Rendite

« Dans la situation économique actuelle, je trouve les investissements à long terme largement diversifiés sur les marchés des actions intéressants. »

 

Les articles suivants pourraient également vous intéresser :

Exploiter la volatilité avec l’effet du coût moyen : après lecture, vous saurez ce qu’est l’effet du coût moyen et comment vous pouvez l’exploiter à votre

avantage. > 

 Voici comment exploiter les évaluations de marchés des professionnels et des top-performers au profit de votre propre Circle : vous apprendrez ici comment tenir compte de l’avis de professionnels pour vous aider à prendre des décisions grâce à votre propre comité de placement >


Stories

Dernières nouvelles de et avec clevercircles

/
Voir tous les stories

clevercircles App

clevercircles toujours avec vous ! Téléchargez l'application maintenant et suivez la performance.

Téléchargez maintenant:
app-store Get it on Google Play
iphone